jeudi 14 juillet 2011

Stress du fait d'appartenir à une minorité


Qui n'a jamais entendu quelqu'un-e dire : « Les lesbiennes, c'est toutes des... mal baisées/ féministes/anti-hommes/des bombes sexuelles/ gentilles/ perdues/ enragées/ etc...» ?

Il existe un stress qui découle du fait d'appartenir à une population minoritaire et/ou minorisée. Cela a des effets sur la santé psychologique et le bien-être.

Les lesbiennes, dans une société hétérosexiste et patriarcale, sont soumises à un stress chronique, lié à leur stigmatisation, en tant que femmes et en tant que lesbiennes.

Les facteurs de stress liés au fait d'appartenir à une minorité sont :

  • la lesbophobie intériorisée, qui est l'intériorisation des attitudes négatives socialement partagées au sujet des personnes homo et bisexuelles et aux femmes, qui ponctuent notre éducation et notre socialisation,
  • la stigmatisation, qui est liée aux craintes anticipées de rejet et de discriminations sur base de notre orientation sexuelle, et enfin,
  • les expériences réelles ou potentielles, de discriminations et de violences.

Face à ce stress, les lesbiennes mettent en place des mécanismes à la fois d'évitement des violences (ne pas sortir seule d'une soirée pour regagner la voiture ou le bus...) et de banalisation de celles-ci (« il m'a traitée de mal baisée », sous entendu, ce n'est pas grave, il aurait pu faire pire, comme de la violence sexuelle)...


Et à la différence d'autres minorités, qui trouveront refuge et un soutien social auprès de leurs pair-e-s susceptibles de vivre ou d'avoir vécu ce même stress, les lesbiennes ne pourront pas en parler si facilement en famille, avec leurs ami-e-s, à l'école... Si elles le font, elles ne reçoivent pas toujours un soutien et c'est même parfois le contraire. C'est souvent entre elles, avec leur famille de coeur, qu'elles peuvent échanger sur ces stress. Mais durant une bonne partie de leur vie, lorsqu'elles sont en questionnement et en doute sur leur orientation sexuelle, elles ne bénéficient pas de ce genre de soutien et sont isolées.


De plus, comme leurs vécus sont invisibles et invisibilisés, elles restent souvent seules avec cela et gardent ainsi pour elles un stress important, qui pèse sur leur santé mentale, leur bien-être et le sentiment d'avoir droit à leur propre vie.


Vous êtes unique et vous avez le droit d'être qui vous êtes. Ce ne sont pas les lesbiennes qui ont ou sont un problème. Ce sont les processus de domination et de discriminations par rapport à des groupes de personnes qui sont le vrai problème pour notre société (racisme, mysoginie et sexisme, âgisme et aussi la lesbophobie et l'hétérosexisme...).

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santedeslesbienne@gmail.com

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