jeudi 1 mars 2012

La prévention des ITSS entre femmes... Mais encore?

Vivre, partir en voyage, traverser la rue, faire l'amour, c'est prendre des risques... Mais la plupart du temps, tout se passe bien, non? Et la sexualité sans risque, ça n'existe pas... Et si on ne fait rien, ce serait très ennuyant non? Alors, on fait comment?



Bien sûr, on essaye de réduire les risques au maximum (on fait des vaccins pour partir à l'étranger, on passe -parfois- quand le feu est vert pour les piétons, on utilise certaines précautions lors des relations sexuelles...).



Mais le risque Zéro n'existe pas. On va "juste" (mais c'est très important!!!!) réduire au maximum les risques... Il faut veiller à le faire, cela fait partie des choses importantes dans une relation, qu'elle soit passagère ou établie, il faut prendre soin de soi et de l'autre, ou vice versa, c'est comme vous voulez! Cela relève de l'éthique dans la relation, du respect qui est donné et reçu.


Pour réduire les risques, il faut être informées... Et dans le domaine de la santé affective et sexuelle, il y a peu de choses au sujet des LESbiENNES et comme nous l'avons déjà dit, les informations se répètent de l'une à l'autre des brochures d'informations.


Depuis de nombreuses années, la question des IST, Infections Sexuellement Transmissibles, lors des relations entre femmes, est restée en même temps négligée (en termes de recherche, d'actions de prévention) et en même temps, présentée comme un grave danger (la question du VIH-Sida entre femmes). Sous-estimée d'un côté, dramatisée d'un autre.


Sous-estimées, les ITSS entre femmes le sont car il reste des idées selon lesquelles, deux femmes ensemble "ne peuvent rien se refiler comme infections". Cela repose sur la méconnaissance des praticien-ne-s et des chercheurs-euses et sur une vision phallocentrée de la sexualité ("que peut-il bien exister s'il n'y a pas de pénis?", réponse lorsque l'on n'est PAS dans cette vision : plein de choses :) !!!!!). Si la sexualité entre femmes est ainsi banalisée, dénigrée, il en va de même des infections. Derrière ce processus, c'est la sexualité des femmes en général qui est ainsi mal considérée. Hors de la reproduction et de la contraception, la prise en compte de la sexualité des femmes reste encore trop souvent réduite.


Dramatisées, les ITSS entre femmes le sont aussi. Des messages qui émanent et qui se répètent de manière univoque proviennent souvent de femmes LESbiENNES qui travaillent auprès des gays, des prostitué-e-s, en prévention du VIH-SIDA. Il est bien connu que dès le début, les LESbiENNES ont été solidaires avec leurs amis et connaissances gays, frappés de plein fouet par cette épidémie, devenue une pandémie. Pourtant, durant des années, la question de la transmission du VIH entre femmes, ensuite des IST, n'a pas fait l'objet d'actions ou de recherche. Ni par les associations de gays, ni par d'autres. Ce n'est que récemment que la question des IST entre femmes apparait, pour une série de raisons et de motivations dont certaines sont louables. Mais pour faire poids, les messages font peur ("le VIH se transmet entre femmes!!!", cela est possible, il existe quelques cas, mais cela n'est pas très fréquent. Il faut réduire les risques en évaluant les pratiques de l'une et de l'autre, mais s'alarmer n'est pas de bon conseil). Pour être entendus, les messages résonnent comme ceux pour les gays et les hommes bi, ils ne tiennent pas suffisamment compte des réalités des LESbiENNES. Par contre, d'autres risques sont mis à l'écart. Pour diverses raisons (rencontre amoureuse, choix personnel mais aussi pression à la norme et à l'hétérosexualité), de nombreuses LESbiENNES disent avoir eu des relations sexuelles avec des hommes dans leur vie et certaines continuent à en avoir. Et les LESbiENNES sont parfois plus susceptibles de les avoir avec des hommes gays ou bisexuels, ce qui n'est pas sans intérêt en termes d'évaluation des risques.


Alors, la prévention des ITSS entre femmes doit gagner en expertise, la recherche doit être soutenue, les formations aux professionnel-le-s étendues, cela doit devenir une réelle attention, qui s'inscrit dans une perspective de santé globale pour les LESbiENNES (càd, tenir compte de tous les facteurs de risques et de protection, des niveaux individuels au niveau macro-social). Aussi, il s'agira pour nous, les LESbiENNES, de considérer que c'est important, nous sensibiliser les unes les autres, faire des tests de dépistage du col de l'utérus et consulter un-e gynéco chaque année.


NB: ITSS = Infections Transmises Sexuellement et par le Sang, IST = Infections Sexuellement Transmissibles. Souvent cela parle de la même chose, mais les termes ne sont pas les mêmes en Belgique, au Québec ou en France. ITSS correspond mieux à nos besoins, en tant que LESbiENNES.

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santedeslesbienne@gmail.com

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